Oh bonheur, oh joie, voici qui approche à grands pas le jour que toute maman attend avec impatience chaque année, la fête des mères .
Le grand oral n’est pas loin, les premiers signes caractéristiques du trac commencent à poindre, mains moites et pieds poites, vais-je parvenir cette année encore à leur faire croire que je suis comblée ?
Parce que vous en conviendrez, il n’est pas donné à tout le monde de feindre la pâmoison avec l’accent de sincérité que cela exige, face à un ravissant cadre en métal repoussé et son
bucolique décor en boulettes de crépon .
Personnellement je maîtrise plutôt bien l’art de la comédie et j’ai appris au fil des années à me procurer un bagage de parent parfait assez complet . De mon côté j’appréhende plutôt les semaines qui suivent, où chaque journée passée avec les boucles d’oreilles en pâte polymère, chaque passage en caisse agrémenté de mon porte-monnaie en carton recyclé apporte son petit lot de honte, torture volontaire qui perdure jusqu’à ce qu’elles oublient (et dieu merci un enfant oublie vite) et que l’objet rejoigne ce que je surnomme avec affection la boîte à merdouilles .
Boycotter nous pourrions, la plupart du temps c’est le parent naïf qui est mis à contribution pour fournir la matière première . Le fourbe professeur des écoles demande innocemment entre 2 portes « si vous avez des rouleaux de PQ je prends, nous travaillons sur un projet… ».
Il omet bien évidemment de préciser la nature du projet et quand arrive le grand déballage on le retrouve le rouleau de PQ triple épaisseur, tronçonné, peinturluré et présenté fièrement par notre chère tête blonde « maintenant quand on sort la belle vaisselle pour les invités on aura aussi des ronds de serviettes, t’es contente Mamou? » . Si tu savais ma chérie comme « Mamou » est ravie .

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